Un bureau occupé de 8 h à 18 h. Une salle de réunion utilisée quelques heures par semaine. Un accueil ouvert au public toute la journée. Des locaux complètement vides le week-end.
Pourquoi chauffer tous ces espaces de la même manière et au même moment ?
Dans une entreprise, un commerce ou un établissement recevant du public, la maîtrise du chauffage ne dépend pas uniquement des équipements installés. Elle dépend aussi de la manière dont ils sont régulés et
programmés en fonction de l’occupation réelle des locaux.
Thermostat programmable, programmation horaire, gestion par zones, pilotage centralisé ou à distance :
plusieurs solutions existent.
Mais installer un thermostat suffit-il ? Pas nécessairement.
Avant de choisir un équipement, il faut commencer par comprendre comment le bâtiment vit.
Pourquoi programmer le chauffage d’une entreprise ?
Contrairement à un logement, les locaux professionnels peuvent présenter des rythmes d’occupation
extrêmement différents.
Les bureaux sont généralement vides la nuit. Un commerce suit ses horaires d’ouverture. Une salle de réunion peut rester inoccupée plusieurs heures. Certains espaces sont utilisés cinq jours sur sept quand d’autres fonctionnent en continu.
Sans programmation adaptée, une installation peut continuer à chauffer des espaces qui n’en ont pas besoin à ce moment-là.
C’est précisément là que la régulation devient intéressante : elle permet de faire correspondre le
fonctionnement du chauffage avec les usages du bâtiment.
L’objectif n’est donc pas simplement de baisser la température.
Il est de parvenir à chauffer le bon espace, au bon moment, à la température adaptée à son utilisation.
Thermostat et thermostat programmable : quelle différence ?
Un thermostat mesure la température et commande le chauffage afin de maintenir une température de
consigne.
Un thermostat programmable ajoute une dimension essentielle : le temps.
Il permet par exemple de prévoir une température adaptée pendant les horaires d’ouverture, puis une
consigne différente lorsque les locaux sont inoccupés.
Selon l’installation et les équipements, le pilotage peut aller plus loin : plusieurs plages horaires, différentes
zones, commandes centralisées ou encore gestion à distance.
Dans un bâtiment tertiaire, cette possibilité d’adapter le fonctionnement du chauffage aux usages peut être
beaucoup plus pertinente qu’une simple consigne identique appliquée en permanence.
Dans une entreprise, faut-il chauffer tous les locaux à la même température ?
C’est justement l’une des limites d’une régulation trop simple.
Prenons un établissement comprenant un accueil, plusieurs bureaux, une salle de réunion, des sanitaires et
une réserve.
Ces espaces n’ont ni le même usage, ni nécessairement les mêmes horaires d’occupation.
La régulation par zone permet d’adapter le fonctionnement du chauffage à cette réalité.
C’est également le sens de l’évolution réglementaire : le Code de l’énergie prévoit, pour les bâtiments concernés, une régulation automatique de la température par pièce ou, lorsque cela est justifié, par zone de chauffage, avec notamment des modes confort, réduit, hors gel et arrêt.
Le véritable intérêt n’est donc pas d’avoir « un thermostat connecté » pour pouvoir le commander depuis son
téléphone.
C’est de disposer d’une stratégie de régulation cohérente avec le bâtiment.
Comment programmer le chauffage des bureaux ?
Une bonne programmation commence par l’observation des horaires réels.
À quelle heure arrivent les premiers collaborateurs ? À quelle heure les locaux se vident-ils réellement ?
Certains espaces sont-ils inutilisés le mercredi ? Le bâtiment ferme-t-il complètement le week-end ? Existe-t-il des périodes de fermeture prolongée ?
Une programmation peut ensuite être construite autour de ces usages.
Il faut également tenir compte de l’inertie du bâtiment et du système de chauffage : programmer ne signifie
pas nécessairement déclencher le chauffage exactement au moment où les salariés arrivent.
L’installation doit atteindre les conditions souhaitées au moment utile, puis réduire son fonctionnement
lorsque les locaux ne nécessitent plus le même niveau de chauffage.
La programmation doit donc être pensée en fonction du bâtiment, et non copiée d’une entreprise à l’autre.
19 °C dans les bureaux : que dit réellement la réglementation ?
C’est une règle souvent résumée un peu trop rapidement.
Le Code de l’énergie fixe, hors périodes d’inoccupation et sous réserve des exceptions prévues par les textes, une limite supérieure moyenne de température de chauffage de 19 °C pour les locaux de bureaux,
d’enseignement, recevant du public et plus largement les locaux concernés par l’article R.241-26. Il s’agit d’une moyenne à l’échelle des locaux du bâtiment, et non nécessairement d’une consigne uniforme imposée à chaque pièce.
La réglementation prévoit également des limites spécifiques lors de certaines périodes d’inoccupation : par
exemple 16 °C pour une inoccupation comprise entre 24 et 48 heures.
Cette distinction illustre justement l’intérêt d’une régulation capable d’adapter le chauffage à l’occupation du
bâtiment.
Un thermostat programmable permet-il vraiment de réduire la facture d’une entreprise ?
Il peut contribuer à réduire les consommations inutiles, mais il serait trompeur de promettre un pourcentage d’économie identique à toutes les entreprises.
Le résultat dépend notamment du bâtiment, de son isolation, du système de chauffage, des températures pratiquées auparavant, des horaires d’occupation et de la qualité de la programmation.
Une entreprise dont le chauffage est déjà correctement régulé n’aura évidemment pas le même potentiel d’amélioration qu’un établissement chauffant largement en dehors de ses horaires d’activité.
Le premier enjeu est donc d’identifier où et quand l’énergie est utilisée inutilement.
Faut-il changer le chauffage pour installer une régulation ?
Pas nécessairement.
C’est un point particulièrement important.
Avant de remplacer des équipements, il faut déterminer ce que l’installation existante permet déjà de faire : type d’émetteurs, commandes disponibles, présence éventuelle de fils pilotes, organisation des circuits, système de régulation existant, possibilité de créer des zones…
Selon les cas, une installation existante peut être conservée et mieux pilotée. Dans d’autres situations, certaines adaptations seront nécessaires.
C’est pourquoi la réflexion doit commencer par l’installation existante et les besoins de l’entreprise, plutôt que par le choix d’un thermostat dans un catalogue.
Thermostat connecté, programmation centralisée, gestion par zones : quelle solution choisir ?
Il n’existe pas une solution universelle.
Pour de petits bureaux aux horaires réguliers, une programmation relativement simple peut suffire.
Dans des locaux comprenant plusieurs espaces et différents rythmes d’occupation, une gestion par zones peut devenir beaucoup plus pertinente.
Et dans des bâtiments plus importants, le pilotage peut s’inscrire dans une gestion technique plus globale des équipements.
Plus le bâtiment est complexe, plus la question évolue donc du simple « quel thermostat installer ? » vers «
comment organiser la régulation du bâtiment ? »
Régulation du chauffage dans le tertiaire : que dit la réglementation en 2026 ?
C’est ici qu’il faut être particulièrement vigilant, car les échéances ont récemment changé.
Le décret du 26 décembre 2025 a modifié le calendrier qui avait été fixé précédemment. Pour la régulation locale automatique prévue par le Code de l’énergie, les dispositions s’appliquent à compter du 1er janvier 2027 pour certaines constructions neuves dont la demande de permis de construire ou la déclaration préalable est déposée à partir de cette date, et à compter du 1er janvier 2030 pour les autres bâtiments concernés, sous réserve notamment de faisabilité technique et économique.
Il ne faut donc plus présenter le 1er janvier 2027 comme une échéance générale pour tous les bâtiments existants.
Et le décret BACS ?
Pour les bâtiments tertiaires les plus importants, une autre réglementation doit également être prise en compte.
Le Code de la construction et de l’habitation prévoit des obligations concernant les systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments — les BACS — pour les bâtiments tertiaires équipés de systèmes de chauffage ou de climatisation dépassant certains seuils de puissance.
Pour les systèmes d’une puissance nominale utile supérieure à 70 kW, le calendrier et les conditions varient
notamment selon le bâtiment et le renouvellement des installations ; pour certains bâtiments existants, l’échéance a été repoussée au 1er janvier 2030, avec des possibilités d’exemption liées à la rentabilité de l’installation.
Le sujet dépasse donc largement l’installation d’un simple thermostat mural.
Pour une entreprise concernée, il est préférable de vérifier précisément sa situation, la puissance de ses
équipements et les caractéristiques de son bâtiment avant d’engager des travaux.
Et pour les bâtiments de plus de 1 000 m² ?
La régulation du chauffage peut également s’intégrer dans une démarche énergétique beaucoup plus globale.
Le dispositif Éco Énergie Tertiaire concerne les bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles de bâtiments tertiaires entrant dans son champ d’application, notamment à partir de 1 000 m² de surface tertiaire cumulée.
Il fixe une trajectoire de réduction des consommations d’énergie finale, avec notamment un objectif de -40 %
en 2030 par rapport à une année de référence, ou l’atteinte d’une valeur cible en valeur absolue. Ministères de la Transition écologique
Dans ce contexte, mieux piloter le chauffage constitue donc l’un des leviers possibles d’une stratégie énergétique plus large.
Avant d’installer un thermostat, commencez par regarder vos usages
C’est probablement le point essentiel à retenir.
La question n’est pas : « Quel thermostat faut-il acheter ? »
Mais plutôt : « Quels espaces chauffons-nous, quand sont-ils réellement occupés et comment notre installation peut-elle s’adapter à ces usages ? »
Une étude de l’existant permet notamment d’examiner les équipements, les commandes, les circuits, les possibilités de zonage et les habitudes d’occupation.
C’est seulement ensuite que l’on peut déterminer le niveau de pilotage pertinent.
Le regard de l’expert ABE
Dans une entreprise, raisonner appareil par appareil n’est généralement pas suffisant.
Deux bureaux voisins peuvent avoir des horaires différents. Une salle de réunion peut être vide une grande partie de la semaine. Un accueil peut nécessiter du chauffage avant l’arrivée du reste des équipes.
Le travail consiste donc d’abord à comprendre les usages, puis à construire une régulation adaptée au fonctionnement réel des locaux.
La bonne température, au bon endroit, au bon moment : c’est là que le pilotage prend tout son sens.
Le conseil de l’ABEillarnaise
Avant de vous lancer dans le remplacement de vos chauffages ou l’achat d’une multitude de thermostats connectés, regardez d’abord ce qui se passe lorsque personne n’est là.
Des bureaux chauffés trop tôt, trop tard ou pendant les jours de fermeture sont parfois le premier indice qu’une installation pourrait être mieux pilotée.
Un diagnostic de l’existant permettra ensuite de déterminer s’il faut programmer, zoner, adapter ou faire évoluer l’installation.
FAQ — Thermostat programmable et chauffage en entreprise
Le thermostat programmable est-il obligatoire dans les entreprises ?
La réglementation ne peut pas se résumer à « toutes les entreprises doivent installer un thermostat ». Les obligations dépendent notamment du bâtiment, de l’installation et de sa situation. Le calendrier de certaines obligations de régulation locale prévoit désormais 2027 pour certaines constructions neuves et 2030 pour les autres bâtiments concernés, sous conditions.
Quelle température faut-il respecter dans des bureaux ?
Le Code de l’énergie fixe en principe une limite supérieure moyenne de chauffage de 19 °C pour les locaux
concernés, dont les bureaux, hors périodes d’inoccupation et sous réserve des exceptions réglementaires.
Peut-on programmer des températures différentes selon les bureaux ?
Selon l’installation, une régulation par pièce ou par zone peut être possible. Le zonage est particulièrement
intéressant lorsque les espaces n’ont pas les mêmes horaires ou usages.
Faut-il remplacer les radiateurs pour installer un thermostat programmable ?
Pas systématiquement. La compatibilité dépend des équipements et de l’installation existante. Un contrôle
préalable permet de déterminer ce qui peut être conservé et ce qui doit éventuellement être adapté.
Quelle différence entre thermostat programmable et gestion technique du bâtiment ?
Un thermostat programmable agit principalement sur la régulation du chauffage. Une solution d’automatisation ou de gestion technique peut superviser plusieurs équipements et fonctions du bâtiment. Les besoins sont donc très différents selon la taille et la complexité des locaux.
Une entreprise peut-elle réduire sa consommation uniquement grâce à la programmation ?
La programmation peut limiter certaines consommations inutiles, mais elle n’agit ni sur l’isolation du bâtiment ni sur le rendement et l’état des équipements. Elle constitue donc un levier parmi d’autres.




